Les Secrets du Jardin

de la broderie à points comptés, plein

17 juin 2009

le string dans l'oeil

Il y a quelques temps, sur un salon, nous nous trouvâmes face à un stand attribué à une gente dame fort court-vêtue d'une mini jupe blanche et droite

le problème est que le tissu en était léger et qu'on voyait parfaitement un string gris, qui, même non vu en transparence, eût quand même été visible, tant il était serré

donc, nous passâmes notre temps à plaindre bien sincérement la pauvre femme qui avait sans doute une très mauvaise vue car, outre le fait qu'elle s'était fourvoyé dans les tailles au moment de l'achat de sa lingerie, n'avait sans doute pas remarqué que du gris, ça se voit, surtout porté sous du blanc-transparent

l'autre problème de la jupe droite, est que, quand on s'assoit dessus, on provoque des plis à l'arrière, plis qui remontent considérablement la hauteur de la ligne de flottaison et qui ne laissent que peu de possibilités quant à effectuer des mouvements de penchage vers l'avant, voire d'accroupissage, mais  bon, tant qu'on est à l'abri derrière un stand, bien cachée par les tables de présentation, aucun souci...

or, la pauvre femme ne se rendait absolument pas compte de son handicap ... et vas'y que je sors du stand pour expliquer à la cliente, et que je me penche en avant pour attraper le truc, là, au bout de la table

bon, à la base, c'est un salon de brodeuses, donc on s'en fiche un peu de la couleur de la culotte de la dame (quoique nous fûmes fort étonnées quand, le lendemain, il sembla que la couleur fût identique à celle de la veille, la taille aussi ...)

mais je ne vous raconte pas les diverses teintes rubicondes par lesquelles est passé le faciès de l'individu* qui se trouvait sur le stand de l'allée d'en face, discrétement installé dans un renfoncement avec bonne vue, faisant semblant de roupiller avec un oeil semi ouvert et dirigé dans la bonne direction, ou bien effectuant fébrilement des réglages fictifs sur son appareil photo équipé pour l'occasion d'un super zoom, et qui essaya de nous faire accroire, pendant tout le salon, que le carmin de son teint était dû uniquement à la chaleur ...

alors que sur un autre stand à proximité, dont la vue n'était certes pas aussi directe, du coup le monsieur** présent se contentait d'un regard qui se voulait reprobateur, de temps en temps (mais d'un regard quand même, hypocrite !) ...

intriguées par ces comportements, et à pure fin d'une étude sociologique, nous nous mîmes à suivre des yeux les regards des messieurs présents, et bien, même semblant perdus dans leurs pensées (maisqu'estquejefouslàc'est ladernièrefoisquejelasuisdansunsalondegonzesses) on assistait à chaque fois à l'allumage de la petite étincelle au passage devant la jupe blanche ...

moralité : un bien fait n'est jamais perdu!

* individu dont je tairai le nom, par discretion et par estime pour sa charmante et patiente dulcinée ...

** lui aussi, je ne dirai rien, meme sous la torture

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15 juin 2009

la madeleine de la Jardinière

quand j'étais petite fille, ma môman me préparait une super boisson rafraichissante, bienfaisante et pétillante : le kéfir

c'était super, on avait l'impression d'être riches et de boire de la limonade, comme les filles à chaussettes blanches (la chaussette blanche étant la seule façon de montrer son niveau social, vu que nous avions toutes des blouses)

et depuis des lustres (attention, celle qui me fait des remarques sur le nombre de bougies de mon lustre!) je cherchais à me procurer du kéfir

sachant que, par une sorte de miracle dans ce monde mercantile, le kéfir est traditionnellement une chose qui ne se vend pas, mais se donne...

il y a quelques années, m'étant engagée dans le parcours d'une épicerie bio, j'avais eu l'espoir d'en retrouver

mais hélas, le filon de la boisson gratuite ou presque, semblait s'être éteint au seuil des années de productivisme poussé

l'autre jour, comme de temps en temps depuis 15 ans que nous nous connaissons, je demande à mon amie de l'épicerie si, par hasard (elle cherchait aussi), elle aurait pas fini par mettre la main sur notre graal commun, et voilà-t-y pas que halleluya, kyri éleison, mazal tov et eureka réunis, elle en avait!

aussitot, je rentrai à la maison avec mon précieux

et sous l'oeil inquiet (et la main sur le téléphone des urgences psychiatriques) de la famille, je commençais la préparation de mon doux breuvage

et que je trouve un récipient adéquat, j'y met mon kéfir, de l'eau, un citron, une figue, du sucre et ... de la patience, faut attendre 24 heures!

je vous dis pas le panard d'enfer que je me suis pris le lendemain, rhaaaa, mon enfance qui revenait dans un verre de boissson

... dire qu'on a survecu à :

les petits matins où l'on n'osait pas sortir le nez de dessous l'edredon (en plumes bien allergenes) parce qu'on voyait le givre à l'intérieur de la fenetre

le chemin de l'école à pied, toute seule, à partir du CP

le bcg en classe, tout le monde piqué avec la meme aiguille, juste passée à l'alcool entre 2

les bagarres avec les garçons (les écoles n'étaient pas mixtes) sur le chemin du retour

les escalades des noisetiers, avec la branche qui pliait et qu'il fallait lâcher juste avant qu'elle ne casse

les bobos desinfectés avec des fleurs de lys trempées dans de l'eau de vie

le vélo sans frein, avec une seule pédale, dans la rue à peine éclairée, les soirs d'été, avec en bas de la rue, la rivière pleine de sangsues

le voyage en Italie (oh, juste le val d'aoste, on  eu peur de pas pouvoir se faire comprendre, on a fait demi-tour!) dans la fourgonnette de mon oncle, avec, en guise de sièges  arrières, le canapé du salon

rentrer quelques stères de bois avec une cagette posée avec un sandow sur la trottinette, pas de freins la trottinette, donc arrêt obligatoire dans la porte donnant sur la rue

les jeux dans un entrepôt rempli de cartons vides et poussiereux, on montait sur le rebord de la fenetre et on plongeait

les piqures de guepes ou de moustiques frottées au persil (ou au pipiol, y'en a qui se rappellent du pipiol?)

le lait de poule bien tassé au rhum en cas de grippe

40 km sur le porte bagages d'un solex, les pieds dans les sacoches (pour aller voir une vague cousine), avec au retour un magnifique furoncle aux fesses, soigné avec amour avec du goudron

les course de caisses à savon dans la rue en pente (j'avais détourné mon landeau de poupée)

traverser la rivière sur une traverse en fer, tomber en se griffant les jambes sur les bords rouillés, ne rien dire pour ne pas se faire engueuler, et le lendemain avoir les jambes pleines de pus

organiser des concours de plongeon dans l'abreuvoir du jardin, rempli d'eau de pluie à moitié croupie

tendre une ficelle de la fenetre du premier, pour descendre dans la cour sans passer devant les parents (fracture du coccyx...)

se goinfrer de mousse de confiture (des pleins bols!) à s'en rendre malade

le medecin qui nous faisait grimper sur une chaise puis sauter, pour savoir si on avait pas l'appendicite

les jouets en fer peint, avec des bords bien coupants, qu'on laissait rouiller dans le jardin, mais avec lesquels on jouait quand même

la cuiller d'huile de foie de morue une fois par semaine en hiver, eurk, remplacée un jour par un truc au gout de pastis, miam

on gardait le mercure des thermometres cassés dans une boite de Valda, et on jouait avec pendant des heures

les jambes toujours à l'air, hiver comme été, les filles, ça ne mettait pas de pantalon (1er pantalon à 12 ans)

la délicieuse peinture de mon lit d'enfant, rose avec une cigogne en fer sur la tête de lit, je me souviens avoir mangé tout le bord

donc, le kéfir, une boisson saine, a bien dû nous aider à surmonter tout celà!

PS : si quelqu'un veut du kéfir, prendre contact par l'intermediaire de l'adresse mail, comme il se doit, je le donne !

(merci Corinne et Denis pour ces années pleines de saveurs!)

Posté par la jardiniere à 17:33 - les histoires - Commentaires [38] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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