Bon, imaginez, vous êtes une créatrice qui fait un salon

Les gentilles brodeuses pensent que vous êtes une fée, ou une princesse, ou chais pas, moi, mais un concept qui n’a pas de besoins terrestres

Sauf que …

Le corps a ses contingences que « Et polymitarius atque plumarius » (cherchez sur google translate, c’est hénaurme, on n’y avait jamais pensé, mais c’est vrai que c’est pas facile à caser  dans une conversation !)  lambda (ou pas) n’a pas idée

Donc, vous décidez d’allez dans un temple du consumérisme moderne, à savoir un hyper, de préférence situé un peu loin du lieu du salon, pour être peinarde, loin du monde connu, redevenue anonyme

Donc vous êtes en train de buller à la caisse en rêvassant à la chouette journée que vous venez de passer, avec, à la main (pourquoi prendre un panier pour si peu ?), au choix (biffer la mention inutile) un paquet de kleenesques ou un rouleau de PQ ou une boite de tampox ou une bouteille de ouisky ou voire même, un pot de Nutelli ou un petit canard pour les gourmandes

(Et je veux cafter personne, mais j’en ai même vu certaines qui ont pris un excédent de bagages à la sortie du salon en la personne du super-mimi pompier de service super-gaulé qui traînait par là)

Et là, arrivent une petite dizaine de brodeuses qui vous entourent en pépiant, comme une nuée de papillons, vous demandent une explication sur la grille qu'elles vous ont acheté dans l'après-midi, vous tapent dans le dos, parlent bien fort de broderie en rigolant, font des selfies

du coup TOUTES les têtes de TOUTES les caisses se tournent vers vous, et je vous rappelle ce que vous avez à la main (voire dans l’autre main, pour la rapteuse de pompier !)

et les selfies seront demain sur tous les blogs …

Monde cruel …