29 septembre 2009
le retour romantique
Je viens de vivre une expérience aussi étonnante que haletante que désolante
Ayant l’âme bucolique (et le porte monnaie de plus en plus réfractaire aux péages d’autoroutes) je décidai, au retour d’un salon, de rentrer par la nationale
Je guillerétai, parmi les méandres de la route, quand tout à coup, la nature, ainsi que le litron de c***c*** ingurgité, me rappela à son bon souvenir
Qu’à cela ne tienne, je vais chercher une aire pour soulager mes flancs
Euh … on est sur une NATIONALE et sur une nationale, y’a pas d’aire, me susurre délicatement l’homme qui partage mon volant en plus de ses nuits
Mais si, mais si, regarde « Aire du Grand Machin » dans 10 kms
10 kms plus tard, l’Aire du Grand Machin est en travaux, fatal
On va attendre la suivante
Mouais
Elle est où, la suivante ?
Là…une entrée de bois…oups …occupé par une camionnette bleue, garnie de représentants de la maréchaussée, visiblement en train de digérer le ragoût du resto routier, tout en essayant de verbaliser le contrevenant, et visiblement peu enclins à laisser leur place à mon auguste, et moi et mon auguste peu enclins à perpétrer un possible attentat à la pudeur devant des gens équipés d’un carnet à souches
Bon, on guette le prochain bois … équipé d’une camionnette blanche avec une dame pas frileuse, qui a l’air un peu étonnée de voir arriver un couple et qu’on sent bien en train de multiplier son tarif mentalement tout en s’approchant de nous en faisant tourner son sac à main
Après avoir mis un coup d’éventail sur le crâne de Chéri-chéri qui esquissait un sourire, je lui enjoins de reprendre la route
Je peux encore tenir
Mais pas longtemps
Et du coup il décide que lui aussi
Et lui, c’est toujours plus urgent que moi, on ne sait pas par quel mystère anatomique
Trois entrées de chemin tenues par des camionnettes blanches plus tard (y’a beaucoup de passage par ici ?), on trouve enfin notre bonheur
Enfin presque
Parce que, pendant que Chéri-chéri arrose joyeusement la nature environnante, n’ayant pas personnellement la maîtrise totale du geste qu’il accomplit, je préfère chercher un endroit plus à l’abri des regards pour pouvoir opérer selon la méthode traditionnelle dévolue à mon genre
Et là, mes ami(e)s, je peux vous assurer que dans le fourré lambda, y’a de la déco …
D’ailleurs, en aparté, je me demande pourquoi , dans sa grande majorité, l’être humain décorateur de dessous de buisson, n’utilise qu’un accessoire rose, alors que pourtant, bon sang de bonsoir, le marketing fait des efforts pour communiquer sur la couleur, même si le design de l’objet en lui-même reste relativement standard
Donc, j’abandonne très vite l’idée d’ajouter ma touche perso et je retourne dans la voiture dont je claque la porte d’un geste un brin rageur
Surtout que mon chauffeur, qui maintenant, a la vessie et l’humeur légères, décide de continuer le chemin, dixit « pour faire demi tour plus loin au cas où il y aurait de la place plutôt que de reculer la voiture sur la nationale »
Et que le chemin cahote
Beaucoup, même…
Et l’air de pas y toucher ça fait plus de 300 bornes que ma vessie clignote et que mes yeux sont jaunes
Du coup, je trouve cette p*** de nationale moins bucolique, les villages avec les freinages pour passer les dos d’âne moins pittoresques, surtout que jamais pourvus de WC publics, et les jardinières remplies de géraniums sont placées trop près de la route …
Pétard de tisane de bazar de bretelle de merle
J’en viens à rêver d’un panneau bleu « autoroute A2974 »
Et là sous nos yeux ébahis … une aire
Alléluia, vite, on laisse passer le car de scouts au rond point, et on fonce vers le Graal
… on aurait peut être pas dû laisser passer le car de scouts …
Parce que, visiblement, eux aussi cherchaient depuis longtemps
Et ils sont nombreux
Et, le dernier passé, on voit bien que ce n’était visiblement pas le jour de leur BA
Mais qu’est-ce qu’on leur enseigne, à ces scouts ? Je croyais que c’était l’école de la droiture, du système D en corrélation avec la nature (les fourrés, c’est pas eux ?)
M’étant fendue d’une remarque acerbe envers un chef de meute boutonneux et honteux (j'ai quand même évité de lui dire que j'avais vu sa maman tout à l'heure), je remonte dans la voiture en claquant la porte sur la lanière de mon sac à main, qui étale son contenu devant des louveteaux hilares (penser à aller cracher sur la tombe de Baden Powell)
Et c’est reparti
Je suis en train de devenir Madame Hulk (en jaune) et faut pas me gonfler, j’y suis déjà, même le pauvre papillon qui s’écrase sur le pare-brise se fait engueuler, Chéri-chéri s’est depuis longtemps mis en pilote automatique pour éviter d’avoir une phrase malencontreuse où il pourrait glisser par inadvertance l’éventualité d’un truc liquide, genre « si on allait se promener dans la montagne cet été » si si, dans « montagne » y’a « ruisseaux qui coulent »
Et soudain la civilisation se jette à ma face sous sa forme américaine la plus abhorrée : un « M » jaune sur fond rouge
Yessse!!! ils ont toujours des commodités dans ces trucs-là
Chéri-chéri me fait un stationnement au frein à main pendant que je gicle de l’habitacle
Je bats le record du monde de course à pied, catégorie mains croisés sur le bas ventre, genoux croisés (pas facile comme position, essayez !)
Et là…
y’a un code
Le quidam formaté que j’interpelle me signale qu’il faut consommer
Il n’y a qu’une caisse d’ouverte
Et au moins grrrrrrrrrrr personnes devant moi
Mon sac à main avec mon trésor est dans la voiture, avec son anse cassée et son contenu éparpillé jeté au hasard du coffre
Chéri-chéri est parti visiter je ne sais quel magasin situé sur le parking
J’ai envie de pleurer
Je pleure
Je retourne supplier le formaté américain, en lui jurant que je vais consommer quand mon mari reviendra, que j’aime beaucoup leur nouvelle recette, je suis une afficionada, que j’ai une carte de fidélité, que si je mourrais dans son restaurant plein ça ferait désordre, surtout que je vais pas mourir simplement, va y avoir du dramatique et de la projection
Il céde, le Charmant, je l’aurai embrassé, d’ailleurs je crois bien que je l’ai embrassé
Je me precipite
Je me soulage
Je passe la main dans la machine à papier, vous savez ce truc où le papier disparait toujours et qu’il faut passer la main sur les griffes de la machine et faire faire trois tours du bout des ongles au rouleau pour trouver son commencement
Vide
Vide
VIDE
Pochepochepoche
Merci kleenex !
Mentholé, AÏE
17 février 2009
Aïe
ayé, les gros salons c'est fini, aïe, on a remballé et on est reviendues, aïe
je ne vous parle pas des tentatives de meurtre dont j'ai été la victime, aïe,
j'en ai eu pour mon argent ! aïe
et dire qu'il y a des créatrices à qui l'on offre des douceurs...aïe
mais bon, pour la peine, aïe, un jour je ferai rien qu'exprès de mourir sur le stand, aïe, pour vous faire honte, bande de perverses ! aïe
le seul problème, c'est, aïe, que je suis revenue avec une voiture remplie de cadeaux, aïe, et une passagère que je n'avais pas à l'aller , aïe, donc il a fallu tasser, aïe
et que parmi les choses qui sont revenues avec nous dans la voiture, et qu'il a fallu tasser, il y avait, aïe, deux cactus
les mentos et les bisounours, je veux bien, mais les cactus? hein?
ailleuh ...
01 septembre 2008
la Poste
lettre à Madame R***, gestionnaire de publicité à la Poste de S***
B***, le 1 septembre 2008
Bonjour Madame R***,
Je viens de recevoir avec joie votre publicité sur la gestion professionnelle de mes colis
Je découvre, du coup, que vous êtes gestionnaire (nouvelle, je présume ?) de Clientèle Professionnelle de la Poste de S***, et je pense que vous aussi, vous faites des découvertes, à savoir : votre fichier client
Et je pense même qu’un petit farceur - sûrement un ordinateur, dans vos services, il n’y a que les ordinateurs qui se trompent ou font des farces – vous a donné un fichier qui a quand même plus de 6 mois de retard, car cela fait ce délai que j’ai quitté la bonne ville de S***, et devinez quel a été mon premier geste pour déménager mon entreprise ?
Faire changer mon adresse postale et faire procéder à une reexpédition de courrier à la Poste de S*** …
Poste de S***, qui, du coup, se trouve avoir été la première administration au courant de mon déménagement
Et nonobstant le fait qu’à S***, tout le monde se connaisse, que vos collègues connaissent tout le monde (source : personnelle), que le canton compte une petite dizaine de milliers d’habitants ( 9800 pour être précise, source : La Poste) dont une centaines d’entreprises (source : internet) que l’ancienne boutique J*** S*** (qui n’a pas été reprise, et se trouve, du fait, recouverte d’affiches du plus bel effet, qui attirent bien l’œil) se situe à 260 mètres du bureau de poste (source : Mappy), je me permets de venir vous faire part de ma sympathie à votre écart : c’est dégoûtant que l’on vous maintienne dans un tel isolement !
N’hésitez surtout pas à me contacter si vous désirez connaître de bonnes adresses, avec de braves gens qui discutent avec leur prochain, et qui, de ce fait, vous permettront de mettre votre fichier à jour, la plupart des fichiers de la bonne ville de S*** étant oraux
Votre dévouée
lettre à Monsieur M*** directeur de la Poste de S***
B***, le 1 septembre 2008
Monsieur,
je sais que vous détenez dans vos locaux une personne, qui bien que responsable de la Gestion de la Publicité de vos services, n'en est pas moins un être humain
Or, il semble que cette personne soit maintenue dans un état d'isolement pour le moins étonnant :
-elle n'a pas de rapports avec ses collègues, ce qui dans une administration locale qui compte une dizaine d'employés, est très étonnant
- elle n'a pas de rapports avec les habitants du lieu, ce qui, pour une ville comme S*** est très étonnant, vu que peuplée pour plus de moitié par des personnes ayant à faire dans le milieu de la viticulture, et le Ciel sait comment ces gens-là sont conviviaux, ne serait-ce que pour vous faire découvrir que leur vin est meilleur que celui du voisin
- elle n'est même pas sortie de la Poste pour faire une petite promenade, ce qui, dans une ville charmante comme S*** est très étonnant
Ce qui me fait penser qu'elle ne peut qu'être retenue que contre son grè
Je vous prie donc de procéder le plus rapidement possible à la libération de cette personne
Si rien n'était fait en ce sens très rapidement, je me verrai dans l'obligation de prévenir les autorités
Votre dévouée
PS : avez vous pensé à lui fournir la clé de la porte qui sépare son bureau des guichets?
24 août 2008
Rêve de concombres à la crème
C’est l’été, si si, malgré les températures automnales et le retour des vacanciers
Et moi, l’été, j’adore une bonne salade de concombres à la crème, je dirais même que je me nourrirais que de ça, si j’osais, tellement j’adore le croquant du concombre et la douceur de la crème mêlés
Les concombres modernes cultivés par les maraichers et consorts sont parthénocarpiques c'est-à-dire qu’ils ont des fruits sans pépin et dénués d’amertume
Exit le concombre de nos aïeux bien amers, où la seule solution était de les faire dégorger dans du sel, en ayant au préalable enlevé la partie centrale
Cela fait même une bonne cinquantaine d’année qu’il est exit, le concombre-bitter
Mais les bonnes habitudes, ça résiste bien …
N’est-ce pas ?
Combien parmi vous font encore dégorger les concombres, hein ? (la moitié des recettes de CALC sur le net préconisent de faire dégorger les bestioles, quand je vous dis que certains préjugés ont la peau dure!)
Le problème et corolaire du dégorgement, est que, s’il élimine la supposée amertume, qui je le rappelle, a disparu depuis 50 ans, le dégorgement disais-je donc, rend les concombres tous mous…
Et moi ce qui me branche dans le concombre c’est sa craquitude, vous voyez ? L’impression de mordre dans du frais
Et ça j’ai beau l’expliquer à mon joli-papa, par exemple, (73 ans au compteur, a donc connu les anciens cucurbitacées) y’a rien à faire, chaque fois que je vais manger chez lui en été, sachant que j’aime les concombres, il me fait un bol de glaires à la crème
Vous pouvez dire earkkk !
Essayez la méthode comparative, un jour de canicule par exemple, jour ou la fraicheur est plus facile à débusquer
D’un coté un bol de concombre frais tranchés, un peu de sel, de la crème, une pincé de persil, une lichette de vinaigre
Et de l’autre un bol de trucs ayant macéré depuis 12 heures dans du sel, avec la partie centrale enlevée, et ayant de ce fait régurgité au moins 50% de leur eau, crème, persil et vinaigre en mêmes quantités que dans l’autre bol
D’un coté crok-crok, ça péte sous la dent, ça glougloute le frais sur les papilles, les faux pépins du centre sont gorgés d’eau, on a l’impression d’éclater des centaines de petites billes aqueuses, la crème ajoute juste ce qu’il faut de suavité
De l’autre, en fermant les yeux, on a bien l’impression d’avaler des huitres à la crème, c’est salé, c’est flasque, y’a de la crème …
…et encore, quand il n’essaye pas de me refourguer des vrais cornichons trop poussés, vraiment amers ceux-là !
une astuce : laissez la peau des concombres, grâce à la pepsine qu'elle contient, elle les rend plus digeste (je rappelle que le concombre est de la famille des cucurbitacées et comme ses frères les melons, il peut provoquer chez les personnes sensibles des ballonnements et des gaz)
Ah, au fait, pour les malheureuses du persil, comme moi, qui, passé juillet, n’ont plus qu’une grosse tige montée en graine dans leur jardinière, je viens de dégotter ça :
Une tuerie !
Et au fait, vous connaissez la différence entre un concombre et un cornichon ?
Le concombre est trop costaud pour qu’on ose encore le traiter de cornichon !
18 juillet 2008
enfin !
après de longues années ou ma boite à lettre mail me proposait d'"enlarge your pénis", je viens enfin de recevoir un message me proposant des "big tits", comme quoi il ne faut jamais désesperer !
mais bon, modérons notre jubilation, j'avais en meme temps dans ma boite aux lettres snail une publicité pour les voyages pour les personnes à mobilité réduite, et une proposition d'envoi d'échantillon gratuit sous pli discret de Libra de Téna, avec comme message concomittant "passé 50 ans les petits ennuis peuvent vous gacher la vie"
j'aimerais avoir un entretien avec celui ou celles qui réalise les études publicitaires ciblées, j'ai deux mots à lui dire de la part d'une quinquagénaire à gros seins
PS : surveillez vos boites à lettres, j'ai donné une bonne vingtaine d'adresses de copines mouarf!


aïe,
